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Stade de France, on en parle dans le Figaro

Le 30 juin, Stade de France, on en parle dans le Figaro

Indochine a conquis le Stade de France. Comme beaucoup de groupes, vous me direz. Pas vraiment, non. Indochine, premier groupe de rock français à jouer dans le Stade (déjà un exploit) a enflammé 80 000 personnes (guichet fermé, deuxième exploit) dès la première seconde du premier morceau. Là, je ne parle plus d’exploit, je parle d’hallucination.

Les tribunes autour de moi ont hurlé et les gens se sont levés. Normal, une fois de plus, vous me direz (ce que vous êtes blasés !) sauf que le public ne s’est pas rassis. Pendant deux heures. Je n’avais JAMAIS vu ça de ma vie. Les tribunes, debout, dansaient et la pelouse, hystérique, les bras en l’air, remuant comme si elle était posée sur un feu thermostat 42 se croyait au bal du Prince Noir. Incroyable, dément, unbelievable, je vous promets que je me pinçais pour y croire.

Show à l’américaine, bien sûr, rodé : pas de temps mort, pas d’impro, peu de sortie de piste et alors ? Qui s’en plaindrait ? Le répertoire des quadras défile, les tubes des trentenaires collent la boule au ventre et les gamins rejoignent les ados sur les derniers titres chantés à toute allure comme dans un train fou. Un set acoustique permet de revenir trente ans en arrière (ou presque) et même les morceaux les plus obscurs sont connus sur le bout des doigts par la foule. Ce n’est pas le public qui est à genoux mais Nicola Sirkis : son pari est gagné, Indochine a défoncé le Stade de France. Il ne semble pas vraiment apprécier le moment, ne décrochant pas un sourire de tout le spectacle (c’est son petit droit, en même temps, on dit qu’il est pudique) mais remerciant sans arrêt pour ce moment qu’il n’oubliera pas et... moi non plus.

Scotché. Jamais-vu-ça-de-ma-vie. Le DVD ne rendra pas la folie qui régnait sur place mais il demeurera indispensable pour comprendre ce qui s’est passé samedi : un bout d’histoire musicale gravé dans un mur où il reste pourtant peu de place, un moment de grâce drivé à 200km/h sur la bande d’arrêt d’urgence, doublant tout le monde sans se soucier de la minute qui vient et puis un bout de ma vie, aussi. J’avais quinze ans, j’aimais Nicola Sirkis et son groupe, je l’avais oublié. "Putain de soirée", oui, Nico, comme tu dis.

Le moment plus : la reprise de You Spin Me Round + Punker + le set acoustique

source : Le figaro